Champions nationaux : 5 entreprises choisies et 3 104 milliards de dette en vue.

Le Ministre de l’Économie vient de dévoiler les cinq premiers « champions nationaux » sélectionnés dans le cadre du programme d’import-substitution de la SND30 : Qoproicam (soja), Sotrabus, SCPR (riz), CardioPad d’Arthur Zang et Agrocam (œufs). Ces entreprises doivent recevoir financements publics, garanties bancaires et avantages fiscaux massifs.
Le prix à payer ? 3 104 milliards FCFA d’endettement supplémentaire prévu en 2026.
Le discours est ambitieux : produire localement ce que nous importons. Mais les Camerounais ont déjà entendu cette musique. En 2012, Louis Paul Motaze (alors ministre de l’Économie) lançait les Agropoles avec la même promesse : créer des champions nationaux et réduire les importations alimentaires. Usine de poulet de Bomono, riz de Galim, pommes de terre de Babadjou, manioc de Sangmélima, soja de Yato, ananas de Lhôwé, maïs de Foumbot… Plus de 17 projets financés par des emprunts obligataires. Résultat cinq ans plus tard ? Projets morts-nés et importations alimentaires doublées.
Aujourd’hui, le même ministère pilote un programme quasi identique. Même objectif, même slogan, même logique de financement par la dette. La question fuse donc : pourquoi financer des usines de riz alors que les importations massives de riz continuent ? Pourquoi croire que cette fois sera la bonne ?
Le Gouvernement affirme avoir tiré les leçons du passé. Reste à prouver que les champions de 2026 ne connaîtront pas le même sort que ceux de 2012.

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